Le Troisième Combattant- Dr Marcel Junod 
Résumé:
Marcel Junod était un médecin membre du CICR. De son départ un peu par hasard de l'hôpital de Mulhouse, où il officiait comme interne, au cataclysme d'Hiroshima, Junod partage certaines expériences qu'il a vécues en tant que délégué de la Croix Rouge. Et il en a vécu, des événements tragiques : Guerre en Éthiopie, Guerre d'Espagne, Deuxième Guerre mondiale (Grèce, Allemagne, Japon).

Au travers de cette autobiographie humanitaire, Junod retrace la vie d'un délégué à l'époque, une sorte de baroudeur très indépendant, à la vie palpitante.

" Un témoignage du Dr Junod sur les missions qui l'ont conduit, de 1935 à 1945, en Abyssinie, où il vécut les bombardements au gaz moutarde, puis en Espagne, en Pologne, en Allemagne, et enfin au Japon, où il fut l'un des premiers médecins étrangers à constater les effets terribles de la bombe atomique larguée sur Hiroshima. A travers ce récit, le lecteur découvre le travail d'un délégué du CICR, travail difficile, parfois dangereux, mais toujours passionnant."



Mon avis:
C'est un très bon livre. Dans un langage simple, clair, Marcel Junod nous raconte des moments forts de sa carrière. Il a vécu de véritables aventures, des situations très difficiles et, au final, ce livre constitue un très beau témoignage. La lecture se fait simplement et rapidement, tant certains événements sont passionnants malgré eux.

Je retiendrai quelques éléments (parmi tant d'autres) : l'armée italienne qui bombarde les ambulances de la Croix rouge en Ethiopie, une violation flagrante des CG et l'utilisation d'armes chimiques. Lors de ses activités durant la guerre d'Espagne, j'ai été très frappé par les échanges de prisonniers, toujours à risque et surtout par les messages Croix rouge. Junod prend l'exemple de messages totalement censurés, où ne subsistait que la signature du détenu, mais qui arrachaient des larmes de bonheur aux familles qui les recevaient, tout simplement parce qu'une unique signature était la preuve que la personne était encore en vie.

La Deuxième Guerre mondiale constitue une partie importante du livre. Les descriptions de la famine en Grèce sont assez dures et les moyens pour la surmonter semblent dérisoires. Il est par contre impressionnant de voir Junod et ses collègues convaincre les amirautés anglaises et allemandes de laisser passer des navires du CICR. Il faut pour cela dire précisément où et quand vont passer ces navires, aucun retard n'étant permis et s'assurer qu'aucun des belligérants de va s'en prendre au navire. . La ténacité avec laquelle les délégués ont lutté est vraiment impressionnante. On découvre le quotidien de personnes qui doivent affronter la misère du monde du matin au soir, avec bien souvent un manque de ressource problématique.

Enfin, la dernière partie du livre est à mon sens la plus importante. Suite à un voyage épique à travers toute la Russie, Junod atteint le Japon. Il doit y effectuer une nouvelle mission comme délégué. Peu de temps après, une bombe nucléaire explose sur Hiroshima. Il sera en fait le premier non-japonais à atterrir à Hiroshima après l'explosion de la bombe et à aider les secours locaux. La situation humanitaire est désastreuse et Junod ira parlementer jusqu'au général McArthur pour obtenir du matériel médical. De nos jours encore, la ville d'Hiroshima lui rend chaque année hommage pour les services qu'il a rendu aux survivants. Etant un des premiers occidentaux à avoir vu les ravages de la bombe, il ne peut que conclure son ouvrage par une exhortion à ne plus jamais utiliser ce genre d'armes.

En lisant cette petite critique, on voit tout de suite que le contenu du livre est vraiment digne d'intérêt. Il retrace un parcours de vie assez exceptionnel (et encore, Junod a eu une carrière vraiment intéressante après la guerre, à l'UNICEF ou comme prof de médecine) dans une période difficile. La lecture, très facile, rend le livre très attrayant.

Finalement, le meilleur moyen de résumer ce livre, c'est de citer le titre d'une page web qui lui est consacrée :

Il s'est bagarré à mains nues avec des pillards lors de la prise d'Addis Abeba par les troupes italiennes. Il a négocié la vie des otages pendant la guerre d'Espagne. Pris pour un espion, il fut arrêté par la Gestapo à Berlin. Il fut aussi le premier médécin étranger à aider les victimes de la bombe atomique à Hiroshima. Portrait d'un délégué d'exception... (http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/5YVLNM)


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HMS, Les Vaisseaux de sa Majesté- Roussel, Seiter 


Quatrième de couverture

Septembre 1795.
L'Angleterre, en guerre centre une partie de l'Europe, doit également développer son empire colonial pour compenser la perte de ses colonies américaines. Pour recruter les équipages nécessaires à sa gigantesque flotte, la Navy envoie ses " press gang " à terre pour rafler des hommes valides sur le littoral. C'est ainsi que John Fenton, un jeune étudiant en médecine, se retrouve comme simple matelot à bord du H.M.S.
Danaë. Très rapidement, il devient médecin du bord, mais cette activité ne sera bientôt qu'une couverture : son flair et sa perspicacité en font un enquêteur idéal pour l'Amirauté. Dans une atmosphère digne de Master and Commander, des enquêtes policières haletantes signées Roussel et Seiter.


Mon avis

Superbe série! A la lecture de l'intégrale des 4 premiers tomes (le 5e est en préparation), j'ai vraiment été conquis par les aventures du Dr. Fenton. Je commence par l'histoire: les premiers volumes nous permettent de découvrir deux histoires différentes, deux enquêtes "policières". Elles sont très bien construites selon moi puisqu'on ne comprend les tenants et les aboutissements que vers la fin. A chaque fois, nous sommes en présence d'une histoire principale avec Fenton et, de temps à autre, quelques bulles consacrées à une histoire parallèle, le tout se recoupant à la fin.

Les dessins sont aussi très bons. Je ne suis pas un spécialiste des navires mais je trouve les planches réalistes et je me suis facilement immergé dans le "monde" décrit. Les personnages sont peut être un peu moins bien dessinés mais j'apprécie quand même. Le 4e de couverture le compare au film "Master and Commander" (ou au livre qui l'a inspiré). La comparaison tient la route. En effet, on retrouve l'atmosphère de la marine anglaise, la vie à bord et ces navires impressionnants. Bon je dis ça mais j'avais adoré ce film fabuleux. Donc...



Pour infos, les auteurs tiennent un site que je viens de découvrir. Il est très complet et pour les gens intéressés par cette BD, un petit tour s'impose, ne serait-ce que pour observer quelques planches: http://hmsbd.free.fr/


Bref, une très bonne surprise et une série que je ne saurais que vous recommander.

PS: Ah oui j'oubliais. Sur le site des auteurs, Roussel (co-auteur mais aussi compositeur) nous propose quelques morceaux issus de son imagination pour accompagner la lecture. Je viens juste de commencer l'écoute et n'ai pas encore un avis sur la qualité de la musique, mais je trouve la démarche très originale! Pouvoir associer différentes formes d'art pour une seule et même oeuvre, c'est vraiment intéressant. En tout cas chapeau pour l'idée.


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Un Souvenir de Solferino- Henry Dunant 
« N'y aurait-il pas moyen, pendant une époque de paix et de tranquillité, de constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre, par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille oeuvre? » (Henry Dunant)

« On sort de ce livre avec le maudissement de la guerre » (Frères Goncourt)



Résumé

En 1859, Henry Dunant, homme d’affaire genevois se rend en Italie pour rencontrer Napoléon III. Il cherche à s’octroyer une concession pour l’Algérie. Il arrive à Solferino au terme de la bataille du même nom, entre la France et l’Autriche. Il y découvre une vision d’horreur. En effet, plus de 40'000 soldats des deux camps gisent, morts ou blessés (c’est l’une des batailles les plus meurtrières du XIXe siècle). Epouvanté et bouleversé, Dunant s’investit alors corps et âme pour ces blessés, avec l’aide des habitants de la région.

De retour à Genève, il n’arrive pas à surmonter cette épreuve. Pour exorciser son traumatisme, il décide de mettre par écrit ce qu’il a vu à Solferino…


Mon avis

J’avais lu ce livre il y a quelques années avec quelques difficultés et l’ai relu dernièrement. Je commencerai par son point négatif : le langage. En effet, la manière qu’a Dunant pour présenter la bataille puis ses activités au terme de celle-ci est assez désuète. Sa manière d’écrire est d’un autre temps et il n’a pas le talent nécessaire pour rendre son style immortel. Si lors de sa publication le livre a eu un impact immense (les frères Goncourt ont par exemple été très marqués en le lisant), cet effet a un peu perdu de sa force et certaines formulations prêtent à sourire.

Cependant, il reste très puissant. Car malgré le manque de sensibilité qu’on pourrait avoir par rapport au langage, il y a le contenu qui reste bien présent. Et c’est franchement un témoignage assez terrible, où Dunant raconte l’horreur d’un champ de bataille, et surtout la tragédie des morts et blessés abandonnés à leur sort. De le voir abandonner son objectif premier, de rassembler les forces civiles autour de lui et d’investir son propre argent afin d’abréger les souffrances est vraiment très prenant. A l’époque, aider les blessés ennemis était très mal vu. Dunant a réussi à faire admettre que tous méritaient un peu d’aide et de réconfort. Ses moyens étaient très limités et bien souvent lui et les gens de la région ne pouvaient qu’apporter un peu d’eau, rédiger une lettre d’Adieu pour les mourants, essayer de les aider à mieux supporter leur agonie…

Le témoignage est à ce niveau vraiment fort et assez bouleversant. Mais au delà de l’horreur de la guerre, il est aussi un porteur d’espoir, du moins pour l’époque. « Tutti fratelli », c’est l’expression qui a été utilisée pour expliquer la nécessité de soigner tout le monde sans distinction. Cet événement de Solferino, raconté par Dunant, est le témoignage vivant de l’apparition de l’action humanitaire. Et c’est ce calvaire qui va donner l’idée (ô combien logique de nos jours) de créer une société chargée de s’occuper des blessés de guerre. Je ne détaille pas plus ses propositions dans mon texte. Le hasard aura fait qu’un homme en voyage d’affaire allait, face à l’horreur, être à l’origine d’un formidable mouvement.

En effet, ce livre est fondateur à plusieurs titres. Lors de sa parution, en 1862, il a bouleversé ses lecteurs dans l’Europe entière. L’année suivante est fondée le Comité international de la Croix Rouge (CICR) ainsi que plusieurs Sociétés nationales. Il s’agit tout simplement de la plus vieille organisation humanitaire au monde existante. Et, en 1864, la première Convention de Genève est signée, marquant le véritable début du Droit International Humanitaire (DIH). Depuis, le DIH a énormément évolué et tous les Etats de la planète son signataires des Conventions de Genève de 1949. Malheureusement, Dunant a ensuite vécu dans la misère et plus ou moins oublié de tous. Ce n’est qu’au début du XXe siècle qu’il sortira de l’oubli et sera le premier homme à recevoir le Prix Nobel de la Paix, en 1901.

Par son livre, Henry Dunant a donné un nouveau sens au concept d’humanité et a été à l’origine du plus grand mouvement humanitaire au monde. En effet, si l’on rassemble le CICR et toutes les sociétés nationales de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, on atteint de nos jour un mouvement de plus de 90 millions de personnes. La force de Dunant aura été de réaliser que la guerre est hélas inévitable et que, plutôt que de faire de l’idéalisme inutile, il était plus intelligent d’agir dans la guerre et d’essayer d’atténuer ses souffrances, plutôt que de vouloir l’interdire sans succès. Malgré sa faiblesse (selon moi) dans la forme, le fond reste et « Un souvenir de Solferino » demeure un formidable témoignage.

Vous pouvez télécharger gratuitement le livre, avec un petit commentaire sur la posterité des propositions de Dunant et avec le Texte de la première Convention de Genève.
Et ça se passe ici : http://www.icrc.org/Web/fre/sitefre0.nsf/htmlall/p0361 (possibilité aussi de le commander « en vrai » pour un prix ridiculement bas)
PS : Nous avons fêté en 2009 les 150 de la bataille et les 60 ans des 4 Conventions de Genève



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Noël 


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Our World our Challenges 
Dans la série des vidéos sur le CICR, voici un nouvel aperçu. Ce clip (musique de Muse) prend en compte à la fois les challenges du CICR que ceux de la Fédération et des sociétés nationales de Croix-rouge. (Ensemble ils forment le mouvement de la croix-rouge).





La deuxième vidéo est en soi plus intéressante puisqu'elle présente brièvement le DIH (Droit international humanitaire), qui est le pilier d'action du CICR. Cette vidéo thématique présente bien en quoi consiste ce droit mais surtout pourquoi il est primordial. Je mettrai juste en avant quelques éléments:

- La protection des détenus relève de la PROT, la division pour laquelle je fais mon stage
- Le CICR discute avec toutes les parties au conflit pour faire respecter le DIH. Cela signifie qu'il va voir les groupements rebelles et terroristes pour les rendre attentif à ce droit. A noter qu'il ne violent pas forcément plus le DIH que les Etats.
- Enfin, parmi les images chocs de ce petit documentaire, je retiens particulièrement celle d'un enfant qui a sauté sur une mine et qui a perdu un bras et les deux jambes. Le respect et le renforcement du DIH prennent tout leur sens lorsqu'on voit ces situations terribles.



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L'histoire d'une idée 


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Au Coeur de l'Action 


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La Tour au delà des nuages 


Quelques infos sur ce superbe manga: http://www.filmsactu.com/critique-cinem ... s-5745.htm



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La Malerune- Pierre grimbert & Michel Robert 
Présentation

La Malerune est un cycle de Fantasy francophone en 3 tomes. Le premier "Les armes des Garamont" a été écrit par Pierre Grimbert (connu dans le milieu de la Fantasy). "Le dire des Sylphes" et "La belle Arcane" ont eux été écrits par Michel Robert.

4e de couverture:
Une bien étrange paire se présente aux portes du château Garamont : un sorcier autoritaire et susceptible accompagné d'un homme-loup aussi effrayant que noble de cœur. Pour la jeune Ariale, retenue prisonnière dans sa propre chambre par un tyrannique monstre connu, il ne peut s'agir que du chevalier Eras, parti trois ans plus tôt dans une quête mystérieuse. Va-t-elle enfin échapper à sa prison et apprendre ce qu'il est advenu de son père ?


Mon avis

J'ai dévoré le premier tome. Certes, il n'a rien de totalement original, mais j'ai beaucoup aimé ce début d'histoire, ce monde Fantasy avec une connotation médiévale, mais tout en y intégrant des personnages tirés de nos imaginaires (j'avais d'ailleurs ressorti mon encyclopédie des esprits de la nature en lisant le premier tome). L'écriture est très bonne, les personnages intéressants et l'histoire annonce quelque chose de bien. Le monde est également intéressant, avec un côté "double-face" (un monde avec 2 facettes semblables géographiquement, 2 plans d'un même monde). Bref, j'ai beaucoup aimé ce bouquin et c'est avec envie que j'ai commencé la lecture du tome 2.

Malheureusement, plus je lisais, plus j'avais de la peine à continuer. L'histoire devient parfois ennuyeuse, les héros sont souvent pris dans des situations similaires et ne s'en sortent qu'avec chance. Les héros deviennent très caricaturaux et souvent ne méritent pas leur statut (Zétide, le "puissant sorcier" est franchement assez nul par moment). On voit bien rapidement poindre une histoire d'amour (censée être originale?) assez vite et franchement je la trouve assez pénible. Est-ce dû au changement d'auteur? Possible, car j'avais l'impression de reprendre la suite d'une histoire que j'avais commencée, mais dans un remake faiblichon. Peut-être que Michel Robert est un bon auteur, mais il faudrait pour mieux en juger lire une histoire issue uniquement de sa plume et de son imagination.

Que dire de la fin ? Et bien, malgré un événement assez surprenant (où j'ai vraiment été bluffé), c'est d'un classicisme absolu avec SPOILER une fin gnangnan, des méchants d'un coup gentils, bien évidemment on sait que c'est la petite qui va sauver tout le monde et qu'elle est super mature pour son âge et que toute la famille sera réunie et que les amoureux vont se marier etc. FIN DE SPOILER

Au début je me disais que la Malerune faisait un très bon cycle d'introduction à la Fantasy (des "races" issues de nos cultures populaires, très agréable à lire, une jeune héroïne vraiment attachante et choue, un cycle pas trop long etc.), mais au final, je trouve qu'il y a certaines scènes de violence assez crues. Et cela jure un peu avec d'autres moments vraiment guimauves. C'est dommage car parler de cette violence moins explicitement aurait un peu "sauvé" ces livres à mes yeux car ils auraient pu faire une bonne lecture pour les jeunes. Ou alors j'aurais préféré quelque chose d'adulte et enlever un peu de ces bons sentiments un peu énervants à la longue.

Bref, vous l'aurez compris, ce cycle est une déception, déception d'autant plus grande que j'avais vraiment été happé par le premier tome. Dommage...

PS : pour contrebalancer mon avis (et ne pas vous dégoûter de lire ce cycle qui est je le rappelle vite lu), voici la critique faite sur Elbakin: http://www.elbakin.net/fantasy/romans/malerune.htm

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Mac V.S. PC 


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