Congrès mondial contre la peine de mort 
Cette semaine se tient à Genève le 4e congrès mondial contre la peine de mort. A cette occasion, voici quelques informations sur cette pratique ainsi que de nombreuses citations de Robert Badinter, à qui l'on doit l'abolition de la peine de mort en France en 1981.

La peine de mort dans le monde:
En 2008, 2 390 condamnés à mort ont été exécutés dans le monde, dont près des trois quarts en Chine, alors que la Biélorussie reste le seul pays européen à appliquer la peine capitale, selon un rapport d'Amnesty International publié mardi 24 mars. Au moins 1 252 personnes condamnées à mort avaient été exécutées dans le monde en 2007.

Dans ce rapport annuel, l'organisation de défense des droits de l'homme, qui a son siège à Londres, a recensé 2 390 exécutions dans 25 pays, soit sept par jour, sur l'année écoulée. Sur la même période, 8 864 personnes ont été condamnées à mort. Cinq pays, la Chine, l'Iran, l'Arabie saoudite, le Pakistan et les Etats-Unis, sont responsables de 93 % des exécutions, selon Amnesty. A elle seule, la Chine a procédé à au moins 1 718 exécutions, soit 72 % du total mondial. Amnesty considère cependant que ce chiffre est sous-estimé, en raison du secret les entourant.
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Compléments d'informations par Robert Badinter: la peine de mort est inutile

"L’évolution de la criminalité sanglante et la peine capitale sont totalement indépendantes ; la peine de mort ne sert à rien. Les fondements de l’abolition sont permanents et universels, ils tiennent du respect du premier des droits de l’homme, qui est le droit à la vie. Il est du devoir de l’Etat de respecter la vie des concitoyens. C’est un principe universel, de la même façon que l’on ne doit torturer nulle part. Selon le mythe fondateur, dans la Bible, le premier homme a tué son frère et pourtant Dieu lui a laissé la vie sauve. Tous les hommes portent en eux, comme Caïn, l’instinct de mort."

"Lorsqu’un crime atroce est commis, l’angoisse est si forte qu’elle réveille cet instinct. On parle au nom de la justice mais il s’agit en réalité d’un défoulement, d’une volonté de vengeance."


Quelques arguments en faveur de l'abolition lors de son fameux discours

(Discours de Robert Badinter à l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981). Pour les flemmards, j'ai souligné en gras les passages principaux, pour les autres, bonne lecture...

"En vérité, la question de la peine de mort est simple pour qui veut l'analyser avec lucidité. Elle ne se pose pas en termes de dissuasion, ni même de technique répressive, mais en termes de choix politique ou de choix moral ."

" La vraie signification politique de la peine de mort, c'est bien qu'elle procède de l'idée que l'Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. [...] Je le dis : cette conception de la justice ne peut être celle des pays de liberté, précisément pour ce qu'elle comporte de signification totalitaire."

"Mais lorsqu'on a dépouillé le problème de son aspect passionnel et qu'on veut aller jusqu'au bout de la lucidité, on constate que le choix entre le maintien et l'abolition de la peine de mort, c'est, en définitive, pour une société et pour chacun d'entre nous, un choix moral. "

"Pour les partisans de la peine de mort, dont les abolitionnistes et moi-même avons toujours respecté le choix en notant à regret que la réciproque n'a pas toujours été vraie, la haine répondant souvent à ce qui n'était que l'expression d'une conviction profonde, celle que je respecterai toujours chez les hommes de liberté, pour les partisans de la peine de mort, disais-je, la mort du coupable est une exigence de justice. Pour eux, il est en effet des crimes trop atroces pour que leurs auteurs puissent les expier autrement qu'au prix de leur vie .

La mort et la souffrance des victimes, ce terrible malheur, exigeraient comme contrepartie nécessaire, impérative, une autre mort et une autre souffrance. A défaut, déclarait un ministre de la justice récent, l'angoisse et la passion suscitées dans la société par le crime ne seraient pas apaisées. Cela s'appelle, je crois, un sacrifice expiatoire. Et justice, pour les partisans de la peine de mort, ne serait pas faite si à la mort de la victime ne répondait pas, en écho, la mort du coupable ."

"Du malheur et de la souffrance des victimes, j'ai, beaucoup plus que ceux qui s'en réclament, souvent mesuré dans ma vie l'étendue. Que le crime soit le point de rencontre, le lieu géométrique du malheur humain, je le sais mieux que personne. Malheur de la victime elle-même et, au-delà, malheur de ses parents et de ses proches. Malheur aussi des parents du criminel. Malheur enfin, bien souvent, de l'assassin. Oui, le crime est malheur, et il n'y a pas un homme, pas une femme de cœur, de raison, de responsabilité, qui ne souhaite d'abord le combattre .

Mais ressentir, au profond de soi-même, le malheur et la douleur des victimes, mais lutter de toutes les manières pour que la violence et le crime reculent dans notre société, cette sensibilité et ce combat ne sauraient impliquer la nécessaire mise à mort du coupable. Que les parents et les proches de la victime souhaitent cette mort, par réaction naturelle de l'être humain blessé, je le comprends, je le conçois. Mais c'est une réaction humaine, naturelle. Or tout le progrès historique de la justice a été de dépasser la vengeance privée. Et comment la dépasser, sinon d'abord en refusant la loi du talion ?

La vérité est que, au plus profond des motivations de l'attachement à la peine de mort, on trouve, inavouée le plus souvent, la tentation de l'élimination. Ce qui paraît insupportable à beaucoup, c'est moins la vie du criminel emprisonné que la peur qu'il récidive un jour. Et ils pensent que la seule garantie, à cet égard, est que le criminel soit mis à mort par précaution .

Ainsi, dans cette conception, la justice tuerait moins par vengeance que par prudence. Au-delà de la justice d'expiation, apparaît donc la justice d'élimination, derrière la balance, la guillotine. L'assassin doit mourir tout simplement parce que, ainsi, il ne récidivera pas. Et tout paraît si simple, et tout paraît si juste !

Mais quand on accepte ou quand on prône la justice d'élimination, au nom de la justice, il faut bien savoir dans quelle voie on s'engage . Pour être acceptable, même pour ses partisans, la justice qui tue le criminel doit tuer en connaissance de cause. Notre justice, et c'est son honneur, ne tue pas les déments. Mais elle ne sait pas les identifier à coup sûr, et c'est à l'expertise psychiatrique, la plus aléatoire, la plus incertaine de toutes, que, dans la réalité judiciaire, on va s'en remettre. Que le verdict psychiatrique soit favorable à l'assassin, et il sera épargné. La société acceptera d'assumer le risque qu'il représente sans que quiconque s'en indigne. Mais que le verdict psychiatrique lui soit défavorable, et il sera exécuté. Quand on accepte la justice d'élimination, il faut que les responsables politiques mesurent dans quelle logique de l'Histoire on s'inscrit ."

" Il s'agit bien, en définitive, dans l'abolition, d'un choix fondamental, d'une certaine conception de l'homme et de la justice . Ceux qui veulent une justice qui tue, ceux-là sont animés par une double conviction : qu'il existe des hommes totalement coupables, c'est-à-dire des hommes totalement responsables de leurs actes, et qu'il peut y avoir une justice sûre de son infaillibilité au point de dire que celui-là peut vivre et que celui-là doit mourir. "


"Le choix qui s'offre à vos consciences est donc clair : ou notre société refuse une justice qui tue et accepte d'assumer, au nom de ses valeurs fondamentales - celles qui l'ont faite grande et respectée entre toutes - la vie de ceux qui font horreur, déments ou criminels ou les deux à la fois, et c'est le choix de l'abolition ; ou cette société croit, en dépit de l'expérience des siècles, faire disparaître le crime avec le criminel, et c'est l'élimination.

Cette justice d'élimination, cette justice d'angoisse et de mort, décidée avec sa marge de hasard, nous la refusons. Nous la refusons parce qu'elle est pour nous l'anti-justice, parce qu'elle est la passion et la peur triomphant de la raison et de l'humanité ."

"Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées ."




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Libération d'un délégué du CICR! 


Soudan / Tchad : le CICR confirme la libération de Laurent Maurice
Laurent Maurice, le collaborateur du Comité international de la Croix-Rouge enlevé dans l’est du Tchad le 9 novembre dernier, est libre.

M. Maurice a retrouvé la liberté aujourd’hui, 6 février 2010. Au terme de 89 jours de captivité, il est éprouvé, mais semble en bonne santé.

Un autre collaborateur du CICR, Gauthier Lefèvre, pris en otage le 22 octobre 2009 au Darfour Ouest, est toujours retenu captif. Le CICR, qui reste très préoccupé par le sort de M. Lefèvre, continue à demander instamment sa libération inconditionnelle.

« Le CICR est soulagé que Laurent soit désormais libre, et il se réjouit que celui-ci puisse bientôt retrouver sa famille et ses amis », a déclaré Jordi Raich, chef de la délégation du CICR au Soudan. « Nous tenons à exprimer notre profonde gratitude à toutes les personnes qui nous ont apporté leur soutien, d'une manière ou d'une autre, pendant sa captivité. »

Agronome de profession et de nationalité française, Laurent Maurice avait été enlevé à Kawa, dans l’est du Tchad, où il se trouvait pour évaluer la dernière récolte. Il travaillait alors au Tchad depuis environ 10 mois.

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La Belgariade- David et Leigh Eddings 
Quatrième de couverture Et les Dieux créèrent l'homme, et chaque dieu choisit son peuple. Ah! Que le monde était jeune, que les mystères étaient limpides! Mais Torak, le dieu jaloux, vola l'Orbe d'Aldur, le joyau vivant façonné par l'aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié ; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours, d'un long sommeil hanté par la souffrance.
Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages ne parlent plus qu'aux initiés, mais ils sont formels : Torak va s'éveiller. Et justement l'Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses.

Belgarath le sorcier parviendra-t-il à conjurer le sort? Dans cette partie d'échecs cosmique, il a réussi à préserver une pièce maîtresse : le dernier descendant des Gardiens de l'Orbe, désigné par les présages, mais qui n'est encore qu'un petit garçon jeté sur les routes par une venteuse nuit d'automne. Un simple pion, et si vulnérable...



Mon avis
C'est le premier "vrai" cycle de Fantasy que j'ai lu, il y a de cela quelques années. J'en garde un très bon souvenir. Si mon jugement est beaucoup plus réservé que l'impression que j'avais au sortir de la lecture, je reste enthousiaste. Voyons différents aspects de ce cycle de 5 tomes…

L'histoire : A priori, il n'y a rien de totalement original. La lutte contre l'anéantissement du monde est un poncif du genre. La progression d'un jeune premier qui doit quitter un lieu d'enfance idyllique l'est aussi. Bien qu'un affrontement final entre le héros et le "méchant" semble rapidement inéluctable, le cycle propose tout de même une intrigue intéressante, avec des rebondissements mais surtout l'évolution de Garion, le personnage principal. L'intrigue est globalement rondement menée. S'il y a des baisses dans la tension, cela ne vient pas de trop longs passages, mais plutôt de faiblesses structurelles.

Le monde : L'une des forces du cycle réside à mes yeux dans la grande variété de peuples qui habitent le monde de la Belgariade. On parcourt avec les héros des régions très diverses avec des caractéristiques bien affichées. Comme pour les personnages (cf. infra), on peut le déplorer, car certaines peuplades et certains pays tombent trop dans la caricature. Cela a son bon côté, avec quelques touches plutôt marrantes (par exemple les Drasniens, un peuple obsédé par l'espionnage, avec des espions espionnant d'autres espions…). J'ai bien aimé cet aspect, même si plus de nuances ne m'auraient pas du tout dérangées.

Les personnages : Les personnages sont très variés, avec des caractères très différents. La plupart attisent la sympathie du lecteur. Si tous on un caractère bien affirmé, clairement perceptible, on peut néanmoins parfois le regretter, comme pour la description du monde. En effet, leur aspect caricatural peut déranger. Cela manque de nuance (une fois encore) et de réalisme. Ensuite, tout dépend de la perception de chacun. Ces traits forcés peuvent déranger tout comme ils peuvent rendre les personnages très attachants. Quoi qu'il en soit, on retrouve des personnalités assez exceptionnelles (Belgarath, Silk, Barak), d'autres vraiment "particulières" (Mandorallen) ou encore des caractères forts (Polgara, C'nedra…).

Le langage : Les livres se lisent très rapidement, facilement. Le ton est globalement assez léger et de nombreuses touches d'humour rendent la lecture attrayante. Une fois encore, la perception de chacun peut être très différente à ce sujet. J'ai personnellement beaucoup aimé ce ton enjoué ainsi que l'humour présent dans les différents tomes. L'"esprit" de la Belgariade se veut divertissant.

Bilan : Je le répète, à l'époque j'avais beaucoup aimé. Avec le recul, je considère qu'il ne s'agit pas du meilleur cycle de Fantasy existant. Néanmoins, la lecture de la Belgariade reste un très bon moment de lecture, avec une histoire palpitante, des personnages savoureux, pas mal de touches d'humour… bref un divertissement bien agréable. Et une très bonne introduction à l'univers de la Fantasy…

En bonus, l'avis d'Elbakin sur La Belgariade : http://www.elbakin.net/fantasy/cycle/la-belgariade-236


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Le Troisième Combattant- Dr Marcel Junod 
Résumé:
Marcel Junod était un médecin membre du CICR. De son départ un peu par hasard de l'hôpital de Mulhouse, où il officiait comme interne, au cataclysme d'Hiroshima, Junod partage certaines expériences qu'il a vécues en tant que délégué de la Croix Rouge. Et il en a vécu, des événements tragiques : Guerre en Éthiopie, Guerre d'Espagne, Deuxième Guerre mondiale (Grèce, Allemagne, Japon).

Au travers de cette autobiographie humanitaire, Junod retrace la vie d'un délégué à l'époque, une sorte de baroudeur très indépendant, à la vie palpitante.

" Un témoignage du Dr Junod sur les missions qui l'ont conduit, de 1935 à 1945, en Abyssinie, où il vécut les bombardements au gaz moutarde, puis en Espagne, en Pologne, en Allemagne, et enfin au Japon, où il fut l'un des premiers médecins étrangers à constater les effets terribles de la bombe atomique larguée sur Hiroshima. A travers ce récit, le lecteur découvre le travail d'un délégué du CICR, travail difficile, parfois dangereux, mais toujours passionnant."



Mon avis:
C'est un très bon livre. Dans un langage simple, clair, Marcel Junod nous raconte des moments forts de sa carrière. Il a vécu de véritables aventures, des situations très difficiles et, au final, ce livre constitue un très beau témoignage. La lecture se fait simplement et rapidement, tant certains événements sont passionnants malgré eux.

Je retiendrai quelques éléments (parmi tant d'autres) : l'armée italienne qui bombarde les ambulances de la Croix rouge en Ethiopie, une violation flagrante des CG et l'utilisation d'armes chimiques. Lors de ses activités durant la guerre d'Espagne, j'ai été très frappé par les échanges de prisonniers, toujours à risque et surtout par les messages Croix rouge. Junod prend l'exemple de messages totalement censurés, où ne subsistait que la signature du détenu, mais qui arrachaient des larmes de bonheur aux familles qui les recevaient, tout simplement parce qu'une unique signature était la preuve que la personne était encore en vie.

La Deuxième Guerre mondiale constitue une partie importante du livre. Les descriptions de la famine en Grèce sont assez dures et les moyens pour la surmonter semblent dérisoires. Il est par contre impressionnant de voir Junod et ses collègues convaincre les amirautés anglaises et allemandes de laisser passer des navires du CICR. Il faut pour cela dire précisément où et quand vont passer ces navires, aucun retard n'étant permis et s'assurer qu'aucun des belligérants de va s'en prendre au navire. . La ténacité avec laquelle les délégués ont lutté est vraiment impressionnante. On découvre le quotidien de personnes qui doivent affronter la misère du monde du matin au soir, avec bien souvent un manque de ressource problématique.

Enfin, la dernière partie du livre est à mon sens la plus importante. Suite à un voyage épique à travers toute la Russie, Junod atteint le Japon. Il doit y effectuer une nouvelle mission comme délégué. Peu de temps après, une bombe nucléaire explose sur Hiroshima. Il sera en fait le premier non-japonais à atterrir à Hiroshima après l'explosion de la bombe et à aider les secours locaux. La situation humanitaire est désastreuse et Junod ira parlementer jusqu'au général McArthur pour obtenir du matériel médical. De nos jours encore, la ville d'Hiroshima lui rend chaque année hommage pour les services qu'il a rendu aux survivants. Etant un des premiers occidentaux à avoir vu les ravages de la bombe, il ne peut que conclure son ouvrage par une exhortion à ne plus jamais utiliser ce genre d'armes.

En lisant cette petite critique, on voit tout de suite que le contenu du livre est vraiment digne d'intérêt. Il retrace un parcours de vie assez exceptionnel (et encore, Junod a eu une carrière vraiment intéressante après la guerre, à l'UNICEF ou comme prof de médecine) dans une période difficile. La lecture, très facile, rend le livre très attrayant.

Finalement, le meilleur moyen de résumer ce livre, c'est de citer le titre d'une page web qui lui est consacrée :

Il s'est bagarré à mains nues avec des pillards lors de la prise d'Addis Abeba par les troupes italiennes. Il a négocié la vie des otages pendant la guerre d'Espagne. Pris pour un espion, il fut arrêté par la Gestapo à Berlin. Il fut aussi le premier médécin étranger à aider les victimes de la bombe atomique à Hiroshima. Portrait d'un délégué d'exception... (http://www.icrc.org/web/fre/sitefre0.nsf/html/5YVLNM)


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HMS, Les Vaisseaux de sa Majesté- Roussel, Seiter 


Quatrième de couverture

Septembre 1795.
L'Angleterre, en guerre centre une partie de l'Europe, doit également développer son empire colonial pour compenser la perte de ses colonies américaines. Pour recruter les équipages nécessaires à sa gigantesque flotte, la Navy envoie ses " press gang " à terre pour rafler des hommes valides sur le littoral. C'est ainsi que John Fenton, un jeune étudiant en médecine, se retrouve comme simple matelot à bord du H.M.S.
Danaë. Très rapidement, il devient médecin du bord, mais cette activité ne sera bientôt qu'une couverture : son flair et sa perspicacité en font un enquêteur idéal pour l'Amirauté. Dans une atmosphère digne de Master and Commander, des enquêtes policières haletantes signées Roussel et Seiter.


Mon avis

Superbe série! A la lecture de l'intégrale des 4 premiers tomes (le 5e est en préparation), j'ai vraiment été conquis par les aventures du Dr. Fenton. Je commence par l'histoire: les premiers volumes nous permettent de découvrir deux histoires différentes, deux enquêtes "policières". Elles sont très bien construites selon moi puisqu'on ne comprend les tenants et les aboutissements que vers la fin. A chaque fois, nous sommes en présence d'une histoire principale avec Fenton et, de temps à autre, quelques bulles consacrées à une histoire parallèle, le tout se recoupant à la fin.

Les dessins sont aussi très bons. Je ne suis pas un spécialiste des navires mais je trouve les planches réalistes et je me suis facilement immergé dans le "monde" décrit. Les personnages sont peut être un peu moins bien dessinés mais j'apprécie quand même. Le 4e de couverture le compare au film "Master and Commander" (ou au livre qui l'a inspiré). La comparaison tient la route. En effet, on retrouve l'atmosphère de la marine anglaise, la vie à bord et ces navires impressionnants. Bon je dis ça mais j'avais adoré ce film fabuleux. Donc...



Pour infos, les auteurs tiennent un site que je viens de découvrir. Il est très complet et pour les gens intéressés par cette BD, un petit tour s'impose, ne serait-ce que pour observer quelques planches: http://hmsbd.free.fr/


Bref, une très bonne surprise et une série que je ne saurais que vous recommander.

PS: Ah oui j'oubliais. Sur le site des auteurs, Roussel (co-auteur mais aussi compositeur) nous propose quelques morceaux issus de son imagination pour accompagner la lecture. Je viens juste de commencer l'écoute et n'ai pas encore un avis sur la qualité de la musique, mais je trouve la démarche très originale! Pouvoir associer différentes formes d'art pour une seule et même oeuvre, c'est vraiment intéressant. En tout cas chapeau pour l'idée.


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Un Souvenir de Solferino- Henry Dunant 
« N'y aurait-il pas moyen, pendant une époque de paix et de tranquillité, de constituer des sociétés de secours dont le but serait de faire donner des soins aux blessés, en temps de guerre, par des volontaires zélés, dévoués et bien qualifiés pour une pareille oeuvre? » (Henry Dunant)

« On sort de ce livre avec le maudissement de la guerre » (Frères Goncourt)



Résumé

En 1859, Henry Dunant, homme d’affaire genevois se rend en Italie pour rencontrer Napoléon III. Il cherche à s’octroyer une concession pour l’Algérie. Il arrive à Solferino au terme de la bataille du même nom, entre la France et l’Autriche. Il y découvre une vision d’horreur. En effet, plus de 40'000 soldats des deux camps gisent, morts ou blessés (c’est l’une des batailles les plus meurtrières du XIXe siècle). Epouvanté et bouleversé, Dunant s’investit alors corps et âme pour ces blessés, avec l’aide des habitants de la région.

De retour à Genève, il n’arrive pas à surmonter cette épreuve. Pour exorciser son traumatisme, il décide de mettre par écrit ce qu’il a vu à Solferino…


Mon avis

J’avais lu ce livre il y a quelques années avec quelques difficultés et l’ai relu dernièrement. Je commencerai par son point négatif : le langage. En effet, la manière qu’a Dunant pour présenter la bataille puis ses activités au terme de celle-ci est assez désuète. Sa manière d’écrire est d’un autre temps et il n’a pas le talent nécessaire pour rendre son style immortel. Si lors de sa publication le livre a eu un impact immense (les frères Goncourt ont par exemple été très marqués en le lisant), cet effet a un peu perdu de sa force et certaines formulations prêtent à sourire.

Cependant, il reste très puissant. Car malgré le manque de sensibilité qu’on pourrait avoir par rapport au langage, il y a le contenu qui reste bien présent. Et c’est franchement un témoignage assez terrible, où Dunant raconte l’horreur d’un champ de bataille, et surtout la tragédie des morts et blessés abandonnés à leur sort. De le voir abandonner son objectif premier, de rassembler les forces civiles autour de lui et d’investir son propre argent afin d’abréger les souffrances est vraiment très prenant. A l’époque, aider les blessés ennemis était très mal vu. Dunant a réussi à faire admettre que tous méritaient un peu d’aide et de réconfort. Ses moyens étaient très limités et bien souvent lui et les gens de la région ne pouvaient qu’apporter un peu d’eau, rédiger une lettre d’Adieu pour les mourants, essayer de les aider à mieux supporter leur agonie…

Le témoignage est à ce niveau vraiment fort et assez bouleversant. Mais au delà de l’horreur de la guerre, il est aussi un porteur d’espoir, du moins pour l’époque. « Tutti fratelli », c’est l’expression qui a été utilisée pour expliquer la nécessité de soigner tout le monde sans distinction. Cet événement de Solferino, raconté par Dunant, est le témoignage vivant de l’apparition de l’action humanitaire. Et c’est ce calvaire qui va donner l’idée (ô combien logique de nos jours) de créer une société chargée de s’occuper des blessés de guerre. Je ne détaille pas plus ses propositions dans mon texte. Le hasard aura fait qu’un homme en voyage d’affaire allait, face à l’horreur, être à l’origine d’un formidable mouvement.

En effet, ce livre est fondateur à plusieurs titres. Lors de sa parution, en 1862, il a bouleversé ses lecteurs dans l’Europe entière. L’année suivante est fondée le Comité international de la Croix Rouge (CICR) ainsi que plusieurs Sociétés nationales. Il s’agit tout simplement de la plus vieille organisation humanitaire au monde existante. Et, en 1864, la première Convention de Genève est signée, marquant le véritable début du Droit International Humanitaire (DIH). Depuis, le DIH a énormément évolué et tous les Etats de la planète son signataires des Conventions de Genève de 1949. Malheureusement, Dunant a ensuite vécu dans la misère et plus ou moins oublié de tous. Ce n’est qu’au début du XXe siècle qu’il sortira de l’oubli et sera le premier homme à recevoir le Prix Nobel de la Paix, en 1901.

Par son livre, Henry Dunant a donné un nouveau sens au concept d’humanité et a été à l’origine du plus grand mouvement humanitaire au monde. En effet, si l’on rassemble le CICR et toutes les sociétés nationales de la Croix Rouge et du Croissant Rouge, on atteint de nos jour un mouvement de plus de 90 millions de personnes. La force de Dunant aura été de réaliser que la guerre est hélas inévitable et que, plutôt que de faire de l’idéalisme inutile, il était plus intelligent d’agir dans la guerre et d’essayer d’atténuer ses souffrances, plutôt que de vouloir l’interdire sans succès. Malgré sa faiblesse (selon moi) dans la forme, le fond reste et « Un souvenir de Solferino » demeure un formidable témoignage.

Vous pouvez télécharger gratuitement le livre, avec un petit commentaire sur la posterité des propositions de Dunant et avec le Texte de la première Convention de Genève.
Et ça se passe ici : http://www.icrc.org/Web/fre/sitefre0.nsf/htmlall/p0361 (possibilité aussi de le commander « en vrai » pour un prix ridiculement bas)
PS : Nous avons fêté en 2009 les 150 de la bataille et les 60 ans des 4 Conventions de Genève



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Noël 


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Our World our Challenges 
Dans la série des vidéos sur le CICR, voici un nouvel aperçu. Ce clip (musique de Muse) prend en compte à la fois les challenges du CICR que ceux de la Fédération et des sociétés nationales de Croix-rouge. (Ensemble ils forment le mouvement de la croix-rouge).





La deuxième vidéo est en soi plus intéressante puisqu'elle présente brièvement le DIH (Droit international humanitaire), qui est le pilier d'action du CICR. Cette vidéo thématique présente bien en quoi consiste ce droit mais surtout pourquoi il est primordial. Je mettrai juste en avant quelques éléments:

- La protection des détenus relève de la PROT, la division pour laquelle je fais mon stage
- Le CICR discute avec toutes les parties au conflit pour faire respecter le DIH. Cela signifie qu'il va voir les groupements rebelles et terroristes pour les rendre attentif à ce droit. A noter qu'il ne violent pas forcément plus le DIH que les Etats.
- Enfin, parmi les images chocs de ce petit documentaire, je retiens particulièrement celle d'un enfant qui a sauté sur une mine et qui a perdu un bras et les deux jambes. Le respect et le renforcement du DIH prennent tout leur sens lorsqu'on voit ces situations terribles.



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L'histoire d'une idée 


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Au Coeur de l'Action 


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